L’affaire prend de l’ampleur, le beau-père a avoué, ma mère a fermé les yeux. Retour sur une incroyable affaire judiciaire.

C’est un soir de Mercredi 21 Novembre que les secours sont appelés par la mère, Julie Varlet. La petite est transportée à l’hôpital Sud d’Amiens, où elle arrive inconsciente.
Malgré l’opération pratiquée en urgence, elle restera inconsciente jusqu’à son décès, des suites d’un hématome sous-dural important.

Comme le veut la procédure, les services de Police sont contactés par le centre hospitalier. La mère leur expliquera avec détails que Kléony a été percutée par un véhicule, qui aurait pris la fuite.
Le parquet, saisit de l’affaire, disposera, dès le 22 Novembre, du certificat de décès établi par le médecin légiste chargé de l’autopsie de la jeune défunte.
Il en résulte que bien que le traumatisme ait pu être causé par un choc contre une voiture, la corps de l’enfant présente des coups et autres traces de blessures datant de nombreux jours et sans lien possible avec un éventuel accident (celui décrit par la mère ndlr).
A la suite de cette « découverte », les services de Police se rendent, sur décision du parquet, au domicile familial pour s’assurer de la situation familiale, et notamment celle des 4 autres enfants, âgés de 2, 12, 13 et 14 ans.
La porte leur est ouverte par la mère, et les fonctionnaires constatent des ecchymoses sur les deux enfants les plus âgés, ils trouvent ensuite le seul garçon, dans une chambre, où la mère semblait vouloir le cacher. Personne n’a fait mention de violences, bien que le seul garçon de la fratrie présente de nombreux coups au visage.
Les fonctionnaires sont ensuite attirés par des bruits venant de l’étage du dessus, où ils trouveront le beau père, Cédric Rohaut, 31 ans, caché dans un placard électrique.
Son interpellation sera immédiate.

Les enfants ne tarderont pas à se confier aux enquêteurs, relatant leurs conditions de vie durant depuis le mois de Janvier

  • Plusieurs coups avec des objets
  • projection au sol ou contre les murs
  • Enfermement dans des placards
  • Privation de nourriture
  • Douches froides
  • Humiliations

Ils expliqueront que les sévices prenaient de l’ampleur dans le temps, pendant que la petite Kléony était devenue la « cible préférée » des parents.
Les enfants étaient conditionnés pour ne pas parler de ce qu’ils subissaient autour d’eux. Ils étaient absents de l’école lorsque les traces de coups étaient trop flagrantes, la mère prétextant alors des alitements pour maladies diverses et variées. Ils ne se sont pas confiés à leur père biologique car ils n’ont plus de contact avec lui depuis le mois de Janvier.

Au mois de Février, une parent d’élève avait effectuée un signalement car la plus âgée des enfants (14 ans) présentait des coups, infligés par le beau-père. L’adolescente ne fera pas mention des violences habituelles subies. La mère disait être célibataire, ce qui explique que l’homme, alors recherché, n’avait pas pu être entendu dans le cadre de ce signalement.
Le 16 Novembre, soit 5 jours avant l’arrivée de la petite Kléony aux urgences, une des 3 grandes avait eu le poignet cassé des suites des violences.
La mère avait alors expliqué la fracture par un vol avec violence.

Son lourd passé de délinquant multirécidiviste le rattrape pour des faits similaires de vol & violences. Il était recherché pour purger une peine de 25 mois, et sa dernière peine date du 12 Octobre 2017 pour des violences et menaces envers son ancienne compagne. Julie Varlet l’aide alors à échapper aux poursuites. 4 adresses connues, mais l’adresse actuelle n’était révélée que le 18 Novembre. Sans emploi, les deux individus s’alcoolisaient et se droguaient.

Le beau-père finira par reconnaître les faits qui lui sont reprochés, accusant la turbulence des enfants et l’incapacité d’éducation de la mère.
La mère quant à elle reconnaît avoir été présente pendant les sévices, et avoir infligée des claques et autres coups sur demande du concubin, qui la frappait également (selon ses déclarations).

C’est désormais entre les mains d’un juge d’instruction que l’affaire sera jugée.
Le beau-père encours la réclusion criminelle à perpétuité pour actes de barbarie et torture sur les 3 plus grands, et violences habituelles sur l’ensemble de la fratrie.
La mère, quant à elle, encours 30 ans de prison pour non assistance à personne en danger, violences habituelles, non empêchement de crime, fausses déclarations et dénonciation de délits imaginaires.