SAIP : Clap de fin pour l’app du gouvernement

SAIP, pour Système d’Alertes et d’Informations de la Population, lancée en grande pompe par le gouvernement courant 2016, baisse le rideau et jette la clé à l’eau.

L’application lancée par le gouvernement, et ayant pour principal but de prévenir la population en cas de catastrophes (naturelles, technologiques, attentats…), signe sa fermeture.
Bien que l’application demeurait disponible sur toutes les plateformes (Android, Windows Phine, iOS), son efficacité a été de nombreuses fois remise en cause par les médias, notamment lors des attentats perpétrés sur le sol métropolitain.

Initialement, lors d’une catastrophe, le préfet régional déclenchait l’alerte, et décidait de son périmètre (région, département, ville). Dès lors, tous les équipements possédant cette application et se trouvant dans son champ d’alerte, affichaient un écran rouge estampillé « Alerte attentat » (dans le cas d’une alerte attentat), sans que le téléphone ne vibre ou ne sonne, pour des raisons évidentes de discrétion. Ces alertes pouvaient être initiées en moins de 15 minutes, et affichaient, au fur et à mesure, les informations complémentaires comme le type exact d’alerte, le lieu exact et les consignes de mise en sécurité. L’utilisateur pouvait également sélectionner les régions qu’il voulait suivre via l’application.

Dans la pratique, c’est un échec total.

En avril 2017 par exemple, lors de la fusillade sur les champs Elysées, le secteur est bouclé, et le ministère de la Défense communique essentiellement via Twitter, alors que Facebook lance son système d’alerte (que l’on a malheureusement eu l’occasion de découvrir lors des attentats du Bataclan). L’application, quant à elle, reste totalement sans voix. Ce problème s’était aussi produit lors de la prise d’otages du Super U à Trèbes et l’attaque du Louvre. La seule et unique fois où l’application a fonctionné, c’est lors de l’attentat de Nice… Avec deux heures de retard.

De plus, cette application était jugée trop complexe, car elle devait avoir un accès aux données mobiles, et tourner en tâche de fond. Indisponible donc lorsque vous n’avez pas de forfait comprenant de la data, ou lorsque vous n’avez aucune couverture réseau suffisamment importante pour accéder aux données mobiles. Le gouvernement a bien tenté de convaincre les opérateurs de la mise en place d’un système d’alertes par SMS, en vain.

Virage serré vers les réseaux sociaux.

L’application fermant ses portes au 1er Juin 2018, le gouvernement se tourne donc vers les réseaux sociaux, qui avaient déjà prouvé leur engagement auprès de la population lors des attentats du 13 Novembre 2015 au Bataclan, où ces même réseaux activaient leur système d’alerte, permettant à ses utilisateurs de se signaler auprès de leurs proches. Ce même système sera donc utilisé et optimisé pour permettre d’informer la population.

Sur Twitter, le compte officiel du Ministère de la Défense @Beauvau_Alerte informera les utilisateurs en temps réel par le biais de notifications (notification de Tweet), et Twitter affichera un bandeau spécial en haut du fil d’actualité. Il suffit simplement de suivre ce compte.
Sur Facebook, c’est l’outil Safety Check, qui avait fait ses preuves lors des attentats survenus ces dernières années, qui sera utilisé. Cet outil permet aux personnes géolocalisées à proximité d’un événement grave de se signaler en sécurité auprès de leurs proches. Pour plus d’informations sur Safety Check, cliquez ici.

Le gouvernement signe également un partenariat avec Google qui s’engage à mettre en avant les alertes diffusées et les consignes de sécurité à adopter. Google mettra également un système de notification sur les systèmes Android, et sur les iPhones ayant installés l’application Google.
France Info, Radio France, la RATP (île de France) et Vinci Autoroutes seront également mis à contribution pour tenir informés les personnes qui ne sont pas présentes sur les réseaux.

En chiffre, c’est 30 millions de français qui utilisent les réseaux sociaux, alors que seulement 900 000 installations étaient comptabilisées pour l’application SAIP.